L'architecture équato-guinéenne raconte la superposition de plusieurs époques. Aux constructions villageoises en matériaux végétaux se sont ajoutés les édifices de la période espagnole, puis les grands programmes financés par la rente pétrolière. Le contraste entre les quartiers anciens de Malabo et les chantiers de la région continentale illustre cette histoire en couches successives.
Fondée sous le nom de Port Clarence puis rebaptisée Santa Isabel, la ville insulaire conserve un centre ancien marqué par l'urbanisme espagnol. Maisons à galeries de bois, toitures de tôle, balcons ouvragés et bâtiments administratifs à arcades bordent des rues tracées en damier au-dessus de la baie. La cathédrale Santa Isabel, de style néogothique, domine la place centrale avec ses deux tours et demeure le repère visuel le plus identifiable de la ville.
Dans les villages fang de la région continentale, la maison rectangulaire s'aligne le long d'une rue unique, avec une case de réunion des hommes qui structure la vie collective. Les matériaux associent bois, terre, nervures de raphia et couvertures végétales, remplacées progressivement par la tôle ondulée. Sur Bioko, l'habitat bubi s'adapte au relief volcanique et aux fortes pluies par des toitures très inclinées.
Lancée en 2008 au cœur de la forêt continentale, à environ 140 kilomètres de Bata, la ville nouvelle d'Oyala a pris le nom de Ciudad de la Paz. Conçue avec le concours d'un cabinet d'architecture portugais, elle a été dotée d'avenues à plusieurs voies, d'un campus universitaire, d'hôtels et de bâtiments officiels destinés à accueillir l'appareil d'État. En janvier 2026, un décret présidentiel en a fait la capitale du pays, Malabo conservant son rôle de grand pôle économique et portuaire.
Depuis le début des années 2000, les revenus des hydrocarbures ont financé des routes, des ports, des aéroports, des stades et des ensembles hôteliers. Les quartiers de Malabo II et le complexe de Sipopo, près de la capitale insulaire, en fournissent des exemples visibles, avec des programmes résidentiels et un centre de conférences édifiés pour des sommets internationaux. Ces réalisations, dont les observateurs soulignent souvent l'ampleur au regard de la population du pays, ont profondément modifié le paysage bâti en une seule génération.