L'artisanat équato-guinéen tire ses formes des matériaux de la forêt équatoriale et des besoins de la vie quotidienne. Bois, raphia, rotin, bambou, fibres végétales et terre cuite servent aussi bien à fabriquer des ustensiles qu'à produire des objets rituels dont la réputation dépasse largement les frontières du pays.
La statuaire fang occupe une place majeure dans l'histoire des arts africains. Les figures d'ancêtres, appelées eyema byeri, surmontaient des boîtes d'écorce contenant les reliques crâniennes du lignage et se distinguent par des volumes pleins, des visages inscrits dans un triangle et une expression de sérénité. Les masques blancs de la société ngil, aux traits allongés et aux fentes oculaires étroites, relèvent d'un registre tout différent, lié au maintien de l'ordre social. Ces pièces anciennes ont durablement influencé le regard des collectionneurs et des artistes européens du début du vingtième siècle.
Le tressage des fibres fournit paniers de portage, nasses de pêche, nattes, tamis et hottes destinées aux récoltes. Le raphia et le rotin dominent la production continentale, tandis que les communautés côtières travaillent également les feuilles de palmier. Les potières façonnent marmites et jarres à eau, aujourd'hui concurrencées par les récipients industriels. La pirogue monoxyle, taillée dans un tronc unique, demeure un savoir-faire vivant sur le littoral et dans les îles.
Les artisans fabriquent aussi les instruments du répertoire musical, du mvet aux tambours taillés dans des billes de bois dur, en passant par les hochets et les cloches métalliques. Les costumes de danse, faits de fibres végétales, de graines et de tissus, complètent cet ensemble. Ces objets se transmettent au sein de familles de spécialistes qui associent geste technique et connaissance rituelle.
Les marchés de Malabo et de Bata proposent sculptures, masques, vannerie et parures, souvent réalisés pour la vente aux visiteurs. L'exportation de pièces anciennes relève de la réglementation sur les biens culturels, et les objets contenant de l'ivoire ou de l'écaille de tortue tombent sous le coup des conventions internationales relatives aux espèces protégées.