La musique occupe une place centrale dans la vie sociale équato-guinéenne. Chaque communauté possède son répertoire de chants et de danses, associé aux veillées, aux mariages, aux deuils et aux fêtes de village. Le pays combine ainsi des traditions bantoues continentales, des héritages insulaires et des influences venues du golfe de Guinée et des mondes afro-caribéens.
Le balélé compte parmi les danses les plus répandues. Il se pratique le long du littoral tout au long de l'année et connaît un moment fort sur l'île de Bioko pendant la période de Noël. Chez les Ndowé, l'ivanga rassemble danseurs et percussionnistes autour de figures très codifiées. Les Bubi cultivent leurs propres formes, notamment le cachá, tandis que les Fang perpétuent le mekom et d'autres danses de circonstance. À Annobón, le cumbé accompagne les réjouissances collectives.
Le bonkó figure parmi les traditions associées à la communauté fernandino de Bioko. Il repose sur de grands tambours et sur des cortèges masqués qui animent les rues lors des réjouissances de fin d'année. Cette pratique rappelle les circulations anciennes entre l'île, le continent et les diasporas du golfe de Guinée. Percussions, chants responsoriaux et costumes élaborés en forment les composantes essentielles.
Le mvet occupe une position à part dans le patrimoine sonore du pays. Cet instrument à cordes, tenu entre la cithare et la harpe, accompagne la récitation des épopées fang, dont la geste d'Engong constitue le cycle le plus célèbre. Les joueurs de mvet appartiennent à une confrérie qui transmet un savoir à la fois musical et narratif de génération en génération. À leurs côtés figurent les tambours, les balafons, les cloches, les hochets, les gongs fendus et diverses calebasses percutées.
La création contemporaine mêle héritages locaux et esthétiques internationales. La chanteuse bubi Nélida Karr associe répertoire traditionnel, jazz, blues, soul et gospel dans un album paru en 2014. Le chanteur Barón Ya Búk-Lu compte parmi les figures reconnues de la musique populaire nationale. Le Festival national des danses traditionnelles offre par ailleurs une vitrine régulière aux troupes venues des différentes provinces, et les grandes fêtes officielles donnent lieu à d'imposantes démonstrations chorégraphiques.