Les mentalités équato-guinéennes reposent sur un socle communautaire solide, où la famille étendue, le village d'origine et l'appartenance ethnique gardent une importance décisive. Ces repères coexistent avec une société urbaine transformée par la rente pétrolière et par la circulation des modèles venus d'Espagne, d'Afrique centrale et des diasporas.
La parenté dépasse largement le cercle des parents et des enfants. Oncles, tantes, cousins et alliés forment un réseau d'entraide qui prend en charge la scolarité, le logement des jeunes venus étudier en ville et les dépenses liées aux cérémonies. Les événements familiaux mobilisent de nombreux participants et donnent lieu à des contributions attendues de chacun selon ses moyens. Cette obligation de partage pèse sur ceux qui disposent d'un emploi salarié, tout en garantissant une forme de sécurité collective.
L'âge confère une autorité reconnue dans la conversation, dans le règlement des différends et dans la transmission des savoirs. Les anciens interviennent comme médiateurs lors des conflits de voisinage ou de succession. Ce sens de la hiérarchie se retrouve dans le monde du travail, où la décision remonte volontiers au responsable le plus élevé.
Le catholicisme, hérité de la colonisation espagnole, rassemble la grande majorité de la population et rythme l'année par les fêtes, les baptêmes et les mariages. Des Églises évangéliques se sont développées dans les villes au cours des dernières décennies. Ces appartenances cohabitent avec des croyances anciennes liées aux ancêtres et à la protection du lignage, notamment le culte du byeri chez les Fang.
Les Fang forment le groupe le plus nombreux, devant les Bubi de Bioko, les Ndowé du littoral, les Bisio et les Annobonais. Chaque communauté conserve sa langue, ses danses et ses usages, tandis que l'espagnol et les institutions communes nourrissent un sentiment national partagé. Les observateurs relèvent que l'équilibre entre ces appartenances demeure une question sensible de la vie publique.
La discrétion constitue une valeur sociale reconnue. Les conversations avec des inconnus évitent en général les sujets politiques, et l'expression des désaccords passe par des formules indirectes. Cette prudence, souvent relevée par les visiteurs, coexiste avec une hospitalité chaleureuse dès que la confiance s'installe.