Libertés publiques en Guinée équatoriale

Évaluations des organisations internationales

Freedom House classait la Guinée équatoriale parmi les pays non libres dans son rapport publié en 2025, avec une note globale de 5 points sur 100, dont 0 sur 40 pour les droits politiques et 5 sur 60 pour les libertés civiles. L'organisation y décrit un régime autoritaire en place depuis 1979 et relève des défaillances dans l'indépendance de la justice, le respect des garanties procédurales et la liberté de réunion.

Liberté d'expression et médias

Les médias audiovisuels et la presse écrite relèvent pour l'essentiel de l'État ou d'intérêts proches du pouvoir. Reporters sans frontières situe le pays dans la partie basse de son classement mondial de la liberté de la presse et signale l'autocensure des journalistes ainsi que les difficultés d'accès des correspondants étrangers. Freedom House a rapporté en 2024 la suspension d'une avocate par son ordre professionnel à la suite de propos critiques diffusés sur les réseaux sociaux.

Détentions et procédures judiciaires

Amnesty International fait état, dans son rapport annuel publié en 2026, de la situation de plusieurs défenseurs des droits humains, dont le sort du militant Joaquín Elo Ayeto est resté inconnu plus d'un an après son transfert vers la prison d'Oveng Azem en août 2024. L'organisation rappelle également le décès en détention, en 2023, d'un opposant qui avait signalé des actes de torture, ainsi que le refus de la Cour suprême espagnole de transférer une procédure connexe aux autorités équato-guinéennes.

Manifestations et grâces présidentielles

Des arrestations de manifestants ont été rapportées sur l'île d'Annobón en juillet 2024, dans un contexte de protestation contre des activités extractives et de restrictions d'accès à internet. Amnesty International indique qu'une grâce présidentielle a bénéficié en juin à 476 détenus, parmi lesquels 37 personnes interpellées lors de ces manifestations.

Corruption et transparence

Le pays figurait au 173e rang sur 180 dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International cité par Amnesty International dans son rapport de 2026. Des procédures judiciaires engagées à l'étranger, notamment en France et aux États-Unis, ont visé des avoirs détenus par des proches du pouvoir. Les autorités ont pour leur part annoncé des audits d'entreprises publiques et une nouvelle loi sur les marchés publics en 2025, mesures que la Banque mondiale rattache à l'agenda de réforme de la gouvernance.