Scène politique en Guinée équatoriale

Domination du parti au pouvoir

Le Parti démocratique de Guinée équatoriale, fondé en 1987, structure la vie politique du pays depuis l'introduction formelle du multipartisme en 1991. Il contrôle l'appareil d'État, l'administration territoriale et les principaux relais économiques. Une coalition de formations satellites gravite autour de lui et présente des candidats communs lors des scrutins.

Formations d'opposition

La Convergence pour la démocratie sociale constitue la principale force d'opposition légalement reconnue et a longtemps détenu les rares sièges non occupés par le parti au pouvoir. D'autres formations, comme Citoyens pour l'innovation, ont été dissoutes ou fortement entravées après les scrutins de 2017. Plusieurs partis, dont le Mouvement pour l'autodétermination de l'île de Bioko, demeurent interdits, et une partie de l'opposition s'organise depuis l'étranger, notamment en Espagne.

Scrutins de novembre 2022

Les élections générales du 20 novembre 2022 ont réuni le même jour le scrutin présidentiel, les législatives, les sénatoriales et les municipales, après une avance du calendrier décidée par les autorités. Le président sortant a été proclamé réélu avec un score officiel supérieur à 94 %. Le parti au pouvoir et ses alliés ont remporté l'ensemble des sièges de la Chambre des députés et du Sénat. L'opposition et plusieurs organisations internationales ont contesté les conditions de déroulement du vote.

Question de la succession

La longévité du chef de l'État, au pouvoir depuis 1979, place la succession au centre des analyses consacrées au pays. L'attribution de la vice-présidence à son fils en 2016, puis la confirmation de ce dernier dans ses fonctions après la révision constitutionnelle et les scrutins suivants, sont interprétées par de nombreux observateurs comme la préparation d'une transmission au sein de la famille présidentielle.

Participation et société civile

Les taux de participation annoncés lors des scrutins nationaux dépassent régulièrement 90 % selon les chiffres officiels. Freedom House attribuait au pays une note de 5 sur 100 dans son rapport de 2025, avec un score nul pour la catégorie des droits politiques, et décrivait un environnement dans lequel les organisations indépendantes disposent de marges d'action très restreintes.