Peuples, langues et minorités

Composition ethnique du pays

Les Fang forment le groupe le plus nombreux de Guinée équatoriale et représentent, selon les estimations usuelles, plus de quatre habitants sur cinq. Établis principalement sur le continent, dans le Rio Muni, ils sont également présents au Cameroun et au Gabon voisins. Leur poids démographique se retrouve dans la composition de l'administration et des institutions.

Bubi de l'île de Bioko

Les Bubi constituent la population autochtone de Bioko et rassemblent environ 6 à 7 % des habitants du pays. Leur langue, le bubi, appartient au groupe bantou et se transmet surtout dans les villages de l'intérieur de l'île. Plusieurs organisations bubi ont porté au fil des décennies des revendications culturelles et politiques, dont les autorités ont contesté la légitimité.

Communautés côtières et insulaires

Le littoral continental abrite les Ndowé, ensemble de communautés de pêcheurs et de commerçants réparties entre Bata et la frontière gabonaise, ainsi que les Bissio, aussi appelés Bujeba. Annobón possède sa propre identité, héritée du peuplement de l'île à l'époque portugaise, avec un créole de base portugaise connu sous le nom de fá d'ambô. Les Fernandinos de Malabo descendent quant à eux d'affranchis et de migrants venus d'Afrique occidentale au 10-neuvième siècle.

Langues officielles et langues d'usage

L'espagnol conserve le statut de première langue officielle et sert de langue d'enseignement et d'administration. Le français a été ajouté en 1997 et le portugais en 2011, en lien avec l'insertion régionale du pays et avec son adhésion à la communauté lusophone. Dans la pratique quotidienne, le fang, le bubi et le pichi, créole à base anglaise très répandu à Malabo, occupent une place importante.

Populations étrangères et mobilités

L'essor pétrolier a attiré des travailleurs originaires du Nigeria, du Cameroun, du Mali, du Sénégal et de Chine, employés dans le bâtiment, le commerce et les services parapétroliers. Amnesty International a rapporté en 2025 l'expulsion de ressortissants camerounais sans notification préalable à leur ambassade, une mesure que l'organisation estime contraire aux conventions régionales sur la libre circulation en Afrique centrale.